post 14 s8 force survivre aux pertes

Un vendredi soir. Sur l’écran, un mail ouvert. Projet arrêté, budget coupé. Picotement dans la gorge. Sentiment de gâchis. Pendant longtemps, j’ai pris la force pour une armure : tenir, serrer, continuer comme si de rien n’était. La Semaine 8 m’a appris autre chose : la force ressemble plus à une corde qu’à un plastron. Elle sert à traverser, pas à se durcir.

Je prends acte de la perte. Je m’assois, j’écris « Ce que je perds / Ce que j’ai appris ». Nommer, c’est digérer. J’organise un mini rite de clôture avec l’équipe : trois faits, trois remerciements, trois enseignements. On ne fait pas la fête ; on fait de la place. Déjà, je sens que le cœur remet du mouvement là où l’ego voulait s’agripper.

Je quitte la tour d’ivoire. Je descends au contact : un appel client, un test, une démo sur un coin de table. Les mains dans la matière, je réapprends le réel. C’est moins brillant, plus vivant. Les hypothèses se frottent à la poussière et, surprise, ça allume des étincelles utiles.

Je dose le retour en jeu. Des micro‑défis : publier une note courte, prototyper une fonctionnalité, demander un feedback terrain, rencontrer un pair d’un autre service. Chaque micro‑victoire remet un poids au bon endroit dans le corps. Je ne « réussis » pas ; je « reviens ». Nuance cruciale.

Si tu es manageuse/manager, voilà ma boîte à outils « Force » :
1) Deuil actif — acte d’adieu, enseignements écrits, remerciements clairs.
2) Ré‑ancrage — une action tangible au contact du monde (appel, test, visite atelier).
3) Dose — un micro‑défi par jour pendant dix jours, pas plus.
4) Soutien — un binôme d’alliée/d’allié pour marcher à tes côtés.
5) Hygiène — sommeil, marche, nourriture simple : ton système nerveux est l’infrastructure du courage.

Les effets concrets ? Moins de rigidité, plus de densité. Tu deviens un leader fiable parce que traversant les difficultés. L’équipe te voit humain, présent, ancré. Ta crédibilité n’est pas un éclat de bravoure mais une continuité qui respire. Les opportunités reviennent parce que tu es sorti de la vitrine pour retourner dans la vie.

Je ne promets pas l’absence de bosses. Je promets une corde. Elle tient parce que tu l’essaies, pas parce que tu l’affiches. Chaque traversée construit une force, celle qui ne casse pas quand ça tire.

Dans le prochain post, on apprivoise la peur et les demi‑tours : Semaine 9 — Compassion. Tu verras comment la gentillesse stratégique envers toi peut remettre le train sur les rails plus sûrement que la dureté. On y va ?

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