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Tu n’as pas à tout absorber

Il y a des jours où je me sentais vidé avant même d’avoir attaqué la journée. Le genre de fatigue pas vraiment physique, pas complètement mentale. Un brouillard. Un trop-plein. Comme si j’avais couru un sprint émotionnel en pleine nuit.

Et pourtant, j’avais bien dormi. Aucune urgence, aucune dispute, aucun dossier en feu. Juste… une sensation de saturation. Et tu sais ce que j’ai fini par comprendre ? Je portais des émotions qui n’étaient pas les miennes.

Quand on est empathique – et manager en plus – on capte. On absorbe. On sent les micro-signes, les non-dits, les tensions planquées sous les mails polis. On veut aider, rassurer, soutenir. Alors on se branche inconsciemment sur les autres. Et on oublie de se débrancher.

Résultat ? On devient comme une éponge qu’on n’essore jamais. Et on finit par sentir la fatigue, le stress, la colère, l’impuissance… des autres.

J’ai mis du temps à m’en rendre compte. Puis un jour, après une réunion particulièrement tendue, j’ai eu un flash. J’étais arrivé en forme. Et je suis reparti lessivé, alors que je n’avais quasiment pas parlé. C’est là que j’ai décidé de changer de posture.

J’ai découvert qu’on pouvait être empathique sans absorber. Ressentir sans fusionner. Être présent sans se diluer. Et ça commence par un truc tout bête : poser l’intention.

Avant chaque interaction, je me dis intérieurement : “Je suis là pour écouter, comprendre, pas pour porter. » Je respire profondément. Je m’imagine entouré d’un filtre invisible. Pas une barrière, non. Un espace protecteur. Un sas.

Et bien, ça marche.

J’ai aussi appris à faire des « pauses de déconnexion ». Juste après un échange chargé, je prends deux minutes. Je bouge. Je sors. Je respire. Je visualise ce que j’ai capté… et je le rends. « Ce n’est pas à moi. Je le laisse repartir. » Ça peut sembler bizarre. Mais c’est profondément libérateur.

Être empathique, ce n’est pas tout porter. C’est ressentir avec discernement. C’est honorer ce qu’on capte sans s’y noyer. C’est rester ouvert… tout en restant soi.

Depuis que je fais ça, j’ai plus d’énergie. Je suis plus stable émotionnellement. Et je suis même plus utile à mes collègues, parce que je ne me vide plus à leur contact.

Alors si tu rentres chez toi lessivé(e), si tu ressens un trop-plein sans explication, si tu as l’impression d’être un buvard géant : respire. Ce n’est pas toi. C’est ce que tu as absorbé. Et tu peux choisir de ne plus le faire.

Dans le prochain article, je t’emmène dans les coulisses des relations toxiques : pourquoi on attire parfois les vampires émotionnels… et comment couper le courant.

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