post 08 s2 identite camarades pernicieux

Il y a des gens qui te rendent plus vif rien qu’en entrant dans la pièce. Et puis il y a ceux qui déposent sur ton bureau une pluie fine d’urgences, de sarcasmes. J’en avais plusieurs, habillés en « bons collègues », « experts incontournables ». Julia Cameron les appelle les « camarades pernicieux ». J’ai décidé de récupérer mon identité… en récupérant mon attention.

7h40, je sors de mes Pages du matin, clair comme une eau froide. Message Teams : « Tu as 5 minutes ? ». Le collègue qui transforme tout en incendie. Je sens mon ventre se crisper. Je regarde mon agenda : j’ai un rendez-vous avec mon artiste intérieur. Réponse : « Je suis dispo à 11h30. Donne-moi le contexte. » Je viens d’installer une frontière.

J’ouvre mon carnet et je dresse trois colonnes — +, −, =. Dans +, j’inscris les personnes et contenus qui me nourrissent. Dans −, ce qui me vide. Dans =, le neutre. Verdict : mon flux est parasité par 20 % d’interactions qui n’ont rien à faire là. Je décide d’une coupe simple : pas de discussions anxiogènes avant 9h30, pas de notifications pendant les créneaux de création.

Je choisis mes alliés. Trois personnes ressources à qui je peux montrer du « brouillon » sans me faire laminer. Elles posent des questions qui ouvrent. Elles disent « continue », « simplifie », « où est le cœur ? ».

Si tu es manageuse ou manager, tu vois de quoi je parle. L’identité se dilue vite dans les couloirs. Récupérer ton attention, c’est choisir ce qui t’alimente. Concrètement :
1) Fais ton audit +/−/=, honnête et sans dramatiser.
2) Coupe 20 % du bruit (un canal, un rendez-vous inutile, une personne à qui tu diras non).
3) Installe des rituels de protection : réponse différée, réunion 25 minutes maximum, un « temps sacré » pour créer.
4) Entoure-toi d’un trio d’alliés bienveillants et exigeants.

Tu deviens reconnaissable à toi‑même : tu parles depuis ton axe, tu n’es plus un agrégat de demandes externes. Ton équipe le sent : la clarté devient contagieuse, l’énergie aussi. Cerise sur le gâteau, les « camarades pernicieux » se fatiguent d’eux‑mêmes.

Je ne prétends pas que tout le monde applaudira. Mettre des frontières, c’est décevoir des habitudes. Mais chaque « non » dit au bon endroit libère un « oui » là où c’est important.

Dans le prochain post, on entre dans la Semaine 3 : Puissance. On prend la colère par la main, on dissout la honte et on suit la synchronie comme un fil d’or pour reprendre du pouvoir créatif. Tu me suis ?

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