23h17. Je m’apprêtais à « finir vite » une présentation de 42 slides. C’est précisément là qu’opèrent les drogues du travail : workaholisme, comparaison, sécheresse créative. La Semaine 10 m’a appris à les reconnaître… et à dire non pour protéger le flux.
Workaholisme. Avant, je confondais tard avec important. Maintenant, j’installe un couvre‑feu : arrêt à 19h30 la plupart des jours. Rituel d’atterrissage : trois lignes dans mon cahier — « fait », « à lancer demain », « je supprime ». Quand une vraie urgence surgit, j’utilise un « joker 90 min » hebdo, planifié, pas subi. Mon corps me remercie : sommeil plus profond, tête plus claire, décisions plus nettes. Et, surprise, je délivre mieux.
Comparaison. Le poison discret. Un scroll et me voilà moins bon que tout le monde. Je pratique un jeûne de métriques : sept jours sans regarder likes/vues. A la place, je tiens un journal d’impact réel : « qui j’ai aidé aujourd’hui ? quelle décision claire j’ai prise ? » La comparaison se transforme en inspiration quand je choisis un angle d’apprentissage : « qu’est‑ce que j’admire ? quelle micro‑compétence je teste demain ? ».
Sécheresse. Ce n’est pas une faute ; c’est un signal. Au lieu de forcer, je réhydrate : pages du matin pour vider, rendez‑vous d’artiste pour remettre de la couleur, promenade pour que l’idée revienne par les pieds. J’ajoute un entretien technique du système nerveux : eau, lumière du jour, marche de 15 min, musique qui met en état de flow. La source repart quand on cesse d’y puiser.
Si tu es manageuse/manager, voilà ma boîte à outils de « Protection » :
1) Couvre‑feu et atterrissage (19h30 + 3 lignes).
2) Joker encadré : un seul créneau tardif par semaine, décidé, limité.
3) Jeûne de comparaison : 7 jours off des métriques.
4) Hygiène du flux : sommeil, eau, lumière, mouvement.
5) Réservoirs : un rendez‑vous d’artiste/semaine, 2–3 promenades, pages chaque matin.
6) Réunions de 25 min max, agenda avec des espaces à toi : la cadence protège mieux que l’héroïsme.
Les effets concrets ? Moins de brume et d’acidité, plus de présence. Le « plus tard » cesse d’être un mode de vie ; il redevient une exception. Tu récupères une qualité d’attention qui rend tes décisions sobres et ton leadership respirable. L’équipe gagne en sécurité : la clarté est stable, pas à crédit.
Je ne promets pas un monde sans tentations. Elles reviendront, surtout en période chaude. Mais protégée/protégé, tu choisis. Et choisir, c’est précisément exercer ton pouvoir créatif.
Dans le prochain post, on passe à l’Autonomie — Semaine 11 : comment ancrer un succès serein dans le corps, installer des rituels qui tiennent et avancer. Prêt·e à tenir la cadence sans s’épuiser ?

/ La créativité / Par
François Jové