Jean‑Louis Aubert naît en 1955 à Nantua, dans l’Ain. Très jeune, il découvre la guitare, la rapidité des accords, le frisson du son. À 15 ans, il abandonne l’école pour se plonger dans un monde de répétitions, d’amitiés passionnées… et de doutes. Est‑ce qu’il en fera son métier ? Ou restera‑t‑il un ado qui tripote des cordes ?
Les années passent, les groupes s’appellent Garden, puis Taxi Girl… mais rien de concret, juste l’énergie des solos coincés dans des studios, les amertumes, les fausses portes qui claquent. Il ressent la peur d’être un éternel recommencement, sans jamais percer. Cette angoisse devient une colère : comment ne pas être piégé par le conformisme ?
🔆 En 1976, il cofonde Téléphone avec Louis Bertignac, Corine Marienneau et Richard Kolinka. Et là… une connivence électrique naît. Ils jouent partout, la scène devient libératrice, le public vibrant. Mais derrière les tubes, il y a des nuits blanches, des tensions, des ego qui s’échauffent — et le sentiment de perdre son parti-pris, son style à lui.
Puis survient Un autre monde (1984). Le succès est monumental. Mais Jean‑Louis sent un poids. Il ne veut pas être un rocker standard. Il veut aller plus loin. Introspection, silence, écriture. Il trouve que le rock peut aussi porter la poésie du quotidien.
La rupture arrive en 1986. Téléphone se sépare. Il ressent à la fois une déchirure et un soulagement. Il prend le temps de se retrouver, seul face à la page blanche. Il compose son premier album solo, Plâtre et ciment, qui sort en 1991. Soleil et doute s’y mélangent. Il quitte le rôle de “guitar hero” pour se placer au centre de ses textes, de ses émotions, de sa vérité sensorielle.
Il se taille une voie singulière : mêler riffs et introspection. Il sort des albums comme H (1993), À diamant égal (1999), Stockholm (2007), qui mêlent ballades sensibles, morceaux incisifs, improvisations vocales. Il expérimente toute la palette : guitare brute, électronique discrète, intensité de la voix, fragilité contenue.
🎙️ Sur scène, il ne brandit pas la fureur pour impressionner. Il crée des moments suspendus, où chaque note devient une respiration partagée. Il apprend à accueillir le silence. À laisser sa voix se poser et résonner.
Et pourtant, en coulisses, il doute encore. De l’écho de ses mots. De l’urgence qu’il ressent à dire un monde à sa hauteur. Jusqu’à ce qu’il comprenne que son authenticité, c’est d’habiter ses contradictions, et de les offrir comme tremplin.
💡 Sa zone de génie ?
👉 « Amener la puissance du rock vers la profondeur du sensible, pour permettre aux émotions brutes de résonner ensemble. »
Jean‑Louis Aubert n’a jamais abandonné le son qu’il aime : celui du bois, des cordes, du souffle humain. Mais il a su y ajouter la vulnérabilité. Il n’a pas renoncé à la scène. Il s’est simplement autorisé à jouer en profondeur.
Quand on l’écoute, on entend son chemin : l’enfant fougueux, l’artiste en quête, l’homme avancé et apaisé. Et on comprend que sa singularité — cette liaison intime entre puissance et sensibilité — est devenue la marque de ses chansons immortelles.
💥 Et toi ?
Qu’as-tu laissé dans l’ombre pour « rentrer dans un cadre » ?
Et si ta zone de génie était ce pont entre ce que tu as toujours été… et ce que tu oses devenir ?
