21h02. Sur mon bureau, trois livres ouverts comme des fenêtres. Ce soir‑là, je n’ai pas cherché une citation brillante. J’ai demandé conseil. À mes héroïnes et héros. Julia Cameron propose de les « consulter » sur le papier. Ça paraît naïf, et pourtant : quand j’écris à celles et ceux qui m’inspirent, une sagesse praticable descend… et mes gestes changent.
La lettre franche. « Cher/Chère [héros], voilà mon nœud du jour : je dois décider X, j’hésite entre Y et Z. » Puis j’écris : « Que ferais‑tu à ma place, en trois actions simples ? » Je laisse venir sa voix — ton, rythme, vocabulaire. Réponse type : « Simplifie, montre tôt, parle vrai. » Rien d’ésotérique : c’est ma mémoire de lui/d’elle, distillée par l’admiration. Et c’est utile.
La chaise vide. Je pose une chaise en face, je m’assois tour à tour des deux côtés. D’un côté : peurs, contraintes, contexte. De l’autre : cap, audace, clarté. À chaque permutation, je sens dans le corps un ré‑accordage : l’échine se redresse, la phrase se raccourcit. Le courage devient un muscle prêté, pas un fardeau.
La table ronde. Je « convoque » trois géants aux styles complémentaires : l’un pour la vision, l’autre pour la précision, le troisième pour le courage. Je leur fais voter sur ma prochaine petite action. S’ils convergent, j’exécute dans les 24 h. S’ils divergent, c’est signe que je n’ai pas encore posé la bonne question ; je reformule.
Le contrefeu à l’idolâtrie. J’ajoute toujours : « Que me dirais‑tu pour rester moi ? » Mes héros n’ont pas vocation à me coloniser. Ils m’aident à trier, pas à copier. Je note une phrase boussole : « Reste simple et fidèle au terrain. » Et je passe à l’acte.
Si tu es manageuse/manager, mode d’emploi express :
1) Écris une lettre à un/une héros/héroïne (contexte + demande en 3 lignes).
2) Récupère 3 actions concrètes (moins de 30 minutes chacune).
3) Fais voter une table ronde de 3 figures (vision, précision, courage).
4) Agis dans les 24 h et note l’effet réel (impact, apprentissage).
5) Garde un « journal des mentors » : ce qui t’a aidée/aidé, ce qui t’égare.
6) Ajoute la clause d’identité : « Ce qui reste 100 % moi dans ce conseil, c’est… »
Les effets concrets ? Moins de solitude décisionnelle, plus d’aplomb. Tes gestes gagnent en netteté, tes messages en densité. Tu deviens ce leader humble et solide qui s’appuie sur des épaules… sans perdre sa colonne. L’équipe le sent : tu choisis mieux, plus vite, plus humain.
Je ne promets pas le génie par procuration. Je promets un angle plus juste. Et un angle juste, répété, déplace des montagnes sans drame.
Dans le prochain post, on écoute ce qui ne fait pas de bruit : le silence. Tu verras comment la « guidance sans bruit » affine la décision, calme les nerfs et révèle la prochaine action simple. On y va ?

/ La créativité / Par
François Jové