nl02 le matin ou jai ecrit

Si tu n’as pas lu l’épisode prĂ©cĂ©dent, je m’appelle Amandine, 38 ans, directrice de service client dans une PME e-commerce. MĂšre de Sophie (12 ans) et Adrien (8 ans), en vie commune avec Marc. Il y a quelques semaines, j’ai coupĂ© une rĂ©union en plein direct. Pas par caprice — par nĂ©cessitĂ©. Depuis, quelque chose s’est ouvert en moi. Cette newsletter, c’est mon carnet de transformation. La preuve que changer ne demande pas de tout quitter. Juste de commencer Ă  s’écouter.

 

Le réveil a sonné à 6 h 30.

L’air avait cette odeur neutre des matins oĂč rien n’a encore eu le temps de brĂ»ler. Je me suis glissĂ©e hors du lit en silence, les pieds nus sur le carrelage. La bouilloire chantait dans la cuisine. J’ai sorti mon carnet.

Dix minutes
, m’étais-je promis. Dix minutes d’écriture sans filtre. David appelle ça « ouvrir la porte ». On n’écrit pas pour ĂȘtre lu, on Ă©crit pour respirer.

J’ai posĂ© la pointe du stylo.

Les premiÚres phrases ont grincé, comme une porte restée trop longtemps fermée : Je suis fatiguée. Je ne veux plus courir aprÚs des feux. Je ne veux plus dire oui quand tout en moi hurle non.

Et puis les mots se sont mis à couler. Comme de l’eau tiùde.

Sophie est apparue la premiÚre, cheveux en bataille, grand t-shirt, pieds nus collés au carrelage.

« Tu écris à qui ? »

« À moi. »

Elle a plissĂ© la bouche — cet air adulte qu’elle emprunte parfois.

Puis :

« C’est pour le travail ? »

« Non, c’est pour mon cƓur. »

Elle a hochĂ© la tĂȘte avec la gravitĂ© d’une enfant qui classe une information dans le dossier bizarre mais pas dangereux. Et elle a versĂ© son lait avec la solennitĂ© d’une scientifique.

Adrien est arrivĂ© quelques minutes aprĂšs, une trace d’oreiller sur la joue. Il s’est appuyĂ© sur moi. Sans rien dire.

Ce moment-là, autour de la table, avec l’odeur du chocolat chaud et le stylo dans ma main — il y avait quelque chose de vrai dedans. Quelque chose qui ne mentait pas.

 




 

En arrivant au bureau, LeĂŻla m’a proposĂ© un « reset d’équipe » : cinq minutes debout dans l’open space, pieds au sol, pas d’écran. Elle avait repris l’idĂ©e que j’avais mentionnĂ©e la veille, presque timidement. Et ce matin, Ă  9 h 10, l’open space s’est ralenti par contagion.

AnaĂŻs avait levĂ© la main comme une cheffe d’orchestre.

« Cinq minutes. Pieds au sol. Respirez. »

On entendait le bourdonnement de la clim. Un rire au loin. La ville derriùre les vitres. J’ai senti mes pieds dans mes chaussures — vraiment senti, comme si la semelle me rappelait que j’avais un corps.

AprĂšs les cinq minutes, j’ai dit : « Merci. Aujourd’hui : trois actions. On ne ment pas, on priorise les cas critiques, et on bloque deux crĂ©neaux pour nous protĂ©ger. Tout le reste se fera aprĂšs. »

Les tĂȘtes ont hochĂ©.

Ça tenait.

Ça m’a rappelĂ© ce passage que j’avais lu dans le livre que David m’avait recommandĂ© :

« L’écriture automatique, ce n’est pas un exercice littĂ©raire, mais un exutoire. Tu n’écris pas pour ĂȘtre lue. Tu Ă©cris pour te lire toi-mĂȘme, pour rĂ©vĂ©ler ce que ton mental essaie parfois de cacher. C’est un espace oĂč tout est permis. »

— LibĂšre ta Zone de GĂ©nie en 12 Ă©tapes

 

Pendant des annĂ©es, j’avais cru que m’écouter Ă©tait un luxe que je n’avais pas. Une faiblesse que je ne pouvais pas me permettre.

Ce matin-lĂ , j’ai rĂ©alisĂ© que c’était exactement l’inverse. Que s’écouter, c’est la condition pour pouvoir vraiment donner.

 

Éric — mon directeur — m’a convoquĂ©e Ă  11 h pour « revoir l’organisation ». Il avait dit une phrase qui m’avait piquĂ© : « Je te le dis pour que tu avances, mais que tu sois prĂȘte. »

PrĂȘte Ă  quoi ? Je n’en savais rien.

Mais pour la premiùre fois depuis longtemps, je n’ai pas eu peur de la question.

Peut-ĂȘtre parce que le matin, j’avais Ă©crit. Que dans le silence de la cuisine, j’avais retrouvĂ© quelque chose qui m’appartenait.

 

💡 Ce que je retiens pour toi :

Est-ce que tu t’accordes dix minutes d’écriture sans filtre ? Juste pour te lire toi-mĂȘme.

C’est l’exercice le plus simple et le plus dĂ©stabilisant que j’ai jamais pratiquĂ©. Et c’est celui qui m’a le plus transformĂ©e.

Sur le blog de François, tu trouveras des ressources pour aller plus loin sur l’écriture comme outil de reconnexion Ă  soi : devenirgenial.com

Si quelque chose en toi cherche Ă  se dire, si tu sens cette fatigue de ne pas t’entendre — alors cet espace d’écriture t’appartient. Commence par dix minutes demain matin. Juste dix. Et vois ce qui sort.

 

À la semaine prochaine, Amandine

 

Tu peux retrouver l’historique de cette newsletter privĂ©e ici : https://devenirgenial.com/newsletters-privees/

 

François Jové | Zone de Génie
Tu réussis
 mais quelque chose manque ?
📖 Le livre est en vente :
📩 En stock chez Amazon : https://www.amazon.fr/dp/2488646008
🛒 Fnac (dĂ©lai 10j) : https://www.fnac.com/a22375865
🛒 Cultura (dĂ©lai 10j) : https://www.cultura.com/p-libere-ta-zone-de-genie-9782488646000.html
📚 Chez votre libraire : https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782488646000-libere-ta-zone-de-genie-francois-jove/
Le podcast est en ligne ici : https://linktr.ee/cafe_epilogue?utm_source=linktree_profile_share&ltsid=2267140a-bdea-4189-a13e-ce7cba5f97b3

 

PS : Quand Sophie m’a demandĂ© Ă  qui j’écrivais, j’ai rĂ©pondu « Ă  moi ». C’est la premiĂšre fois depuis longtemps que je me suis glissĂ©e dans ma liste des prioritĂ©s.

Retour en haut